1 octobre 2009
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Débarqués au Nord, après la traversée en pirogue du majestueux Mékong entre Chiang Khong en Thaïlande et Houei Xai sur l'autre rive au Laos, nous avons parcouru ce pays en suivant le fleuve chocolat, complètement subjugués par ses paysages et plus encore par le rythme de vie et le bonheur paisible de ses habitants, les Laos si sereins, aimables et souriants.
Très traditionnel encore, ses grandes villes sont tranquilles, peu développées, et ses campagnes respirent la paix et l'harmonie, l'absence de stress et la satiété. Difficile ici de se sentir entouré de pauvreté, tant le pays semble contenter ses habitants : Il y a de l'eau partout, la nature est généreuse, le climat propice à la vie.
Le bouddhisme est omniprésent dans cette société, et peut-être explique cette sérénité intérieure qui semble émaner de chacun.
Pourtant, tout n'est pas rose. Le pays est pauvre. L'alphabétisation est difficile (6 millions d'habitants s'étalent sur 238 000 km2, aussi la création d'un réseau complet d'écoles relève-t-elle de la mission impossible), il n'y a pas d'argent (dans certaines régions on pratique le troc), le système de santé est presque inexistant (l'espérance de vie à la naissance n'est que de 54 ans pour les hommes et 58 pour les femmes), l'habitât est simple et peu spacieux. Le gouvernement est rouge, c'est encore une dictature, et l'on sent bien que les élites accaparent le pouvoir et l'argent (il suffit de regarder le parc automobile devant les administrations) et empêchent le débat politique (essayez donc de discuter politique avec des Laos !), même si tout le monde vote pour les élections au parlement, et non pas seulement les membres du PC local (LPRP). Les militaires sont rouges, du sang des tribus Hmongs, accusés officiellement de déforestation, mais en fait pourchassés, arrêtés, déportés ou abattus dans la forêt. Les Hmongs ont eu le tort de faire alliance avec la CIA lors de la guerre d'Indochine, contre la promesse de pouvoir émigrer au États Unis après la guerre. Des chefs de tribus possèdent toujours ces accords écrits et croient encore en leur avenir américain...
On sent aussi les prémices d'un développement qui risque bien de gâcher le plaisir des touristes amateurs d'authenticité et de tradition. La télévision thaïe, comprises par la majorité des Laos, étale ses paillettes, et les feux de l'argent facile et tout puissant attirent une jeunesse locale, plus éprise de mobylettes, de soirées disco à boire de la bière, que d'agriculture et de religion. Il faut dire aussi que le touriste qui débarque claque en un jour ce qu'ils gagnent en un mois en travaillant. Un serveur de restaurant bien payé touchera 60$ par mois... Ailleurs, l'or est plus jaune. La tentation d'émigration est très forte, dans les faits limitée par l'impossibilité d'obtenir des visas pour les pays riches compte tenu du niveau de ressources. La manne touristique, et les investissements étrangers dans des hôtels de plus en plus grands, commencent à faire sentir leurs effets sur l'environnement et les mentalités.
Mais cela reste un merveilleux pays, dont l'évocation fera encore longtemps remonter ces souvenirs propres à humecter les yeux, réveillant la nostalgie d'un paradis un jour rencontré. Et nous faisons le voeu, et le pari, que l'esprit des gens demeurera et que, à l'image des Thaïs, leur sérénité et gentillesse perdurera.
Sur ces mots, pas mal de photos prises au long du parcours, et nos commentaires bien sûr.
Merci pour vos messages !
Bises à tous.
Ronan et Amar, le 1er octobre 2009 (nous entamons déjà notre 10ème mois de voyage !!!)
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Très traditionnel encore, ses grandes villes sont tranquilles, peu développées, et ses campagnes respirent la paix et l'harmonie, l'absence de stress et la satiété. Difficile ici de se sentir entouré de pauvreté, tant le pays semble contenter ses habitants : Il y a de l'eau partout, la nature est généreuse, le climat propice à la vie.
Le bouddhisme est omniprésent dans cette société, et peut-être explique cette sérénité intérieure qui semble émaner de chacun.
Pourtant, tout n'est pas rose. Le pays est pauvre. L'alphabétisation est difficile (6 millions d'habitants s'étalent sur 238 000 km2, aussi la création d'un réseau complet d'écoles relève-t-elle de la mission impossible), il n'y a pas d'argent (dans certaines régions on pratique le troc), le système de santé est presque inexistant (l'espérance de vie à la naissance n'est que de 54 ans pour les hommes et 58 pour les femmes), l'habitât est simple et peu spacieux. Le gouvernement est rouge, c'est encore une dictature, et l'on sent bien que les élites accaparent le pouvoir et l'argent (il suffit de regarder le parc automobile devant les administrations) et empêchent le débat politique (essayez donc de discuter politique avec des Laos !), même si tout le monde vote pour les élections au parlement, et non pas seulement les membres du PC local (LPRP). Les militaires sont rouges, du sang des tribus Hmongs, accusés officiellement de déforestation, mais en fait pourchassés, arrêtés, déportés ou abattus dans la forêt. Les Hmongs ont eu le tort de faire alliance avec la CIA lors de la guerre d'Indochine, contre la promesse de pouvoir émigrer au États Unis après la guerre. Des chefs de tribus possèdent toujours ces accords écrits et croient encore en leur avenir américain...
On sent aussi les prémices d'un développement qui risque bien de gâcher le plaisir des touristes amateurs d'authenticité et de tradition. La télévision thaïe, comprises par la majorité des Laos, étale ses paillettes, et les feux de l'argent facile et tout puissant attirent une jeunesse locale, plus éprise de mobylettes, de soirées disco à boire de la bière, que d'agriculture et de religion. Il faut dire aussi que le touriste qui débarque claque en un jour ce qu'ils gagnent en un mois en travaillant. Un serveur de restaurant bien payé touchera 60$ par mois... Ailleurs, l'or est plus jaune. La tentation d'émigration est très forte, dans les faits limitée par l'impossibilité d'obtenir des visas pour les pays riches compte tenu du niveau de ressources. La manne touristique, et les investissements étrangers dans des hôtels de plus en plus grands, commencent à faire sentir leurs effets sur l'environnement et les mentalités.
Mais cela reste un merveilleux pays, dont l'évocation fera encore longtemps remonter ces souvenirs propres à humecter les yeux, réveillant la nostalgie d'un paradis un jour rencontré. Et nous faisons le voeu, et le pari, que l'esprit des gens demeurera et que, à l'image des Thaïs, leur sérénité et gentillesse perdurera.
Sur ces mots, pas mal de photos prises au long du parcours, et nos commentaires bien sûr.
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Ronan et Amar, le 1er octobre 2009 (nous entamons déjà notre 10ème mois de voyage !!!)
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